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Peace and love

C’était le dimanche soir. Août avait à peine commencé et il pleuvait des cordes. Je n’avais pas pu me résoudre à remiser mes sandales, je n’avais pas de parapluie, j’étais trempée. La pluie avait un goût salé, celui de mes larmes. L. et moi avions encore eu une de ces grandes conversations qui me laissent à la fois pantoise, révoltée et terriblement seule. J’ai échoué chez Andrea. Andrea mon amie, toute drapée dans sa pudeur et sa bienveillante rigueur allemande.

Je n’étais encore jamais allée chez elle et pourtant, instantanément, je me suis sentie chez moi. Peut-être parce que son appartement semblait douillet et accueillant. Peut-être parce qu’Andrea sait si bien écouter… La conversation était décousue, certes. Nous oscillions entre mon nouveau boulot, son boulot et des problèmes plus personnels qui devaient remonter à la nuit des temps, ou, pour être plus précise, au moment où s’opéra la différenciation sexuelle des cellules chez les premiers êtres humains.

Nous avons toujours eu ce petit jeu avec Andrea : lorsque nous nous relatons les petits déboires de la vie quotidienne, les petites traitrises de nos compagnons, nous les classifions soit en problèmes hommes / femmes, soit en problèmes lui / moi. Les premiers étant de loin les plus rassurants. Mais dimanche, curieusement, le coeur n’y était pas, j’en avais assez de geindre et de m’apitoyer sur mon sort, en accusant L. de tous les maux de la terre.

Je dois vous dire que je suis une pessimiste. A tendance négativiste.
Mais dimanche, je ne sais si c’est la pluie battante, la douce chaleur de l’appartement d’Andrea ou les rondeurs de son ventre plein de 7 mois de vie, mais oui, dimanche, j’ai senti naître en moi l’espoir d’une vie meilleure. D’une vie possible dans l’harmonie. J’avais envie de m’aimer, telle que je suis, de me pardonner, et de devenir enfin mon amie. J’avais envie de me donner une chance.

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