17 décembre
December 17th, 2007 by itinerrance
C’était un lundi, comme aujourd’hui, le jour où tu m’as quittée. C’était il y a 6 ans, 6 mois, 6 jours, 6 secondes… un coup de fil et deux mots “c’est fini”.
Tu n’as jamais su que tu allais être grand-mère.
Tu ne m’as pas connue enceinte, terriblement seule, puis maman à mon tour.
Tu ne m’as pas vu tricoter les pulls et bonnets de ma pougne.
Tu n’as pas non plus tricoté pour elle; tu ne sauras jamais que j’ai gardé le seul pull que tu avais tricoté pour H. et que je le mets à la pougne en lui disant que tu l’as fait pour elle.
Tu n’as pas eu la possibilité de me prodiguer de précieux conseils sur le soin d’un bébé, l’éducation des enfants, ni même de me parler de comment j’étais, moi, quand j’étais enfant. Comment suis-je née ? Où ? à terme ? Combien de temps as-tu mis à m’enfanter ? M’as-tu allaitée ? Comment as-tu choisi mon prénom ?
Tu ne m’as pas connue séparée, trahie, au chômage. Tu m’as connue tourmentée en amour mais encore confiante dans un couple qui n’en était en fait déjà plus un.
Tu n’auras pas vu mes débuts en photo, mes débuts en tant de choses…
Tu n’as donc jamais les photos de mon plus beau voyage (en Islande), ni de mon pèlerinage (aux Etats-Unis). Tu ne verras pas tous ces beaux bijoux indiens que je regardais en pensant à toi.
Tu n’as jamais eu que des francs dans ton porte-monnaie (je le sais, c’est moi qui ai ton sac à main), tu n’auras jamais connu la galopante inflation de l’euro.
Tu n’as jamais pu garder la pougne pendant les vacances ni aller à aucune de ses fêtes d’école. Tu ne lui enseigneras pas la couture ou le tricot…
Tu ne m’as pas vu travailler chez ChateauOnline, toi qui aimais le bon vin et qui le connaissais si bien. Je n’ai jamais pu te faire profiter de mes ventes internes et de te faire découvrir quelques petits vignobles.
Tu n’as jamais entendu parler de Sybille, cette femme qui m’a sauvé la vie.
Tu n’as pas vu Sophie se marier.
Tu ne me verras pas me marier.
Tu n’as pas vu cette victoire de la France sur les All Blacks, un certain 6 octobre 2007. Tu l’aurais savourée cette victoire.
Tu n’as pas vu papa se remarier et transformer ta maison et faire avec une autre ce qu’il ne voulait plus faire avec toi.
Tu ne feras plus de feu dans la cheminée, tu ne viendras plus me chercher en voiture en bas, avec tes chaussons, tu ne mettras plus la soupe à chauffer, tu ne me feras plus de lapin à la sauce rouge, tu ne me gratteras plus la tête le soir où moment où je te disais bonne nuit.
Tu me manques.